WHICH IS ?

Agathe de Courcy, Chant /

Guillaume de Chassy, piano, improvisation /

Romain Bodart, création sonore, pianographe /

Sigrid Carré-Lecoindre, écriture, dramaturgie /  

@ Marine Pierrot

Sortie de résidence #1

CONCERT -

Abbaye de Noirlac

7 Avril // 11H30 

WHICH IS ?

Agathe de Courcy, Chant /

Guillaume de Chassy, piano, improvisation /

Romain Bodart, création sonore, pianographe /

Sigrid Carré-Lecoindre, écriture, dramaturgie /  

© Marine pierrot

Sortie de résidence #1

CONCERT -

Abbaye de Noirlac

7 Avril 2019 // 11H30 

"Le dos de Babayaga, le profil de Marie Antoinette, la coupe de Jeanne d'Arc ? Et si elle aussi pactisait avec le diable le soir venu ? tant de grains de beautés sur une peau blanche: Coupable ! Ce regard vif et sournois : bien trop de malice, au bûcher ! Transgressive , au bûcher ! Clairvoyante ?  au bûcher ! Intutive, au bûcher !!  Travailleuse, au bûcher !! Belle à mourrir, au bûcher !! Naïve, naïve, au bûcher !! Guérisseuse ? Sages- femmes ? au bûcher !! La marque du diable ? Pendue ! Rousse ? Accusée: Coupable !

 

Pour  l’inquisition, tribunal influant majeur de la société entre le XIV et XVII èm siècle, Il faut prendre, disposer de ce corps féminin devenu fou, surnaturel, indomptable. Elisabeth Badinter nous dit: « La norme patriarcale donne tous les pouvoirs aux hommes pour contrebalancer celui à la fois naturel et magique de la reproduction féminine …/... Le premier enjeux de ces hommes est donc la possession et la maîtrise du corps féminin ».

 

Cette même femme, c’est elle aujourd’hui qui répond. Grogne fort pour défendre son sexe. Montre ses seins avec rage ou offre à qui veut bien l'entendre son amour libre. C’est elle qui affirme être ce monstre au nez crochu. c'est elle qui assume sa liberté d'être. C'est elle qui venge ses encêtres et râle fort de son accent lyrique depuis le fond de sa grotte fantasque. C'est elle avec ses dents et ses griffes qui lutte pour nourrir ses enfants seule. C'est elle. toujours la même.

Ce massacre tabou pousse incidieusement si loin la colère d’un groupe entier qu’on en retient surtout une macropuissance féminine qui choque pour faire réagir.  Mais il y a toutes les autres femmes qui doivent reconquérir leur place socialement… C’est aussi à cet endroit que mon propos se porte.

 

La sorcières: c’est l’étendu d'un génocide peu connu (50 000 et 100 000 exécutions entre le XIV et XVII èm siècle). 

Le choix de ce tour de chant est un hommage rendu à toutes ces femmes exécutées, brûlées ou torturées dans les campagnes européennes et le moyen de parler de cette barbarie qui perdure insidieusement dans nombres de pays aujourd’hui. Les femmes et plus largement "La liberté" est bien souvent atteinte. Il faut lutter chacun à son endroit. Ici, la voix lyrique érigée comme puissance féminine contre la barbarie.

 

La mezzo-soprano Agathe de Courcy s’associe à plusieurs artistes de genres divers pour parfaire l’éventail de « la sorcière »  sous tous ses traits. La voix lyrique comme "outil monstre" permet la métamorphose d’un genre à un autre reliée aux créations musicales de Guillaume de Chassy, l’univers sonore de Romain Bodard et la dramaturgie de Sigrid Carré-Lecoindre. Utiliser des matériaux sonores issus d’autres genres que ceux de la musique classique donne un équivalent contemporain à l'aspect mystérieux ou fantastique que l'on associe à la sorcière dans l’opéra des siècles passés.

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